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Hussein ibn Ali
(1669-1740) fils d'un gréco-turc enlevé en 1661 par les Sarrasins. |
1705-1735
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1704-1705. Officier ottoman lors de la guerre
algéro-tunisienne, Hussein ibn Ali prend le pouvoir à Tunis à la suite de la
défaite et de la capture du bey Ibrahim al-Sharif (1702-1705) par les
Algériens. Hussein est proclamé bey pour le remplacer.
1708. Il est reconnu berleybey (gouverneur) de la province de Tunisie par le sultan ottoman Ahmad III (1703-1730), avec le titre de pacha. 1710. L'assemblée des militaires adopte le principe de la succession héréditaire du pouvoir au sein de la famille de Hussein, par rang d'âge. 1716-1728. Établissement de liens diplomatiques avec l'Angleterre, l'Espagne, l'Autriche et la Hollande. 1728. La flotte française met le siège devant le port de La Goulette pour protester contre l'action des corsaires tunisiens. À la suite de cette crise, des relations diplomatiques sont alors établies avec la France. 1729. Ali, neveu de Hussein, et son fils Yunus fomentent une première révolte avec l'aide des tribus du centre de la Tunisie. À la suite de son échec, Ali fuit en Algérie. 1735. Avec l'appui du bey d'Alger, Ibrahim (chef de la province ottomane d'Alger), Ali envahit la Tunisie, dépose son oncle et est proclamé bey à Tunis. Sous ce règne paisible, sont édifiées de nombreuses enceintes de villes, de madrasas (établissements d'enseignement juridico-religieux) à Sousse, Sfax et Gafsa et la mosquée des Teinturiers à Tunis. Hussein se réfugie pendant cinq ans à Al-Kayrawan, en Tunisie centrale. |
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Ali Pacha
(1689-1756) neveu du précédent. |
1735-1756
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1735. Ali Pacha est proclamé bey à la place de son
oncle.
1740. Son fils Yunus s'empare d'Al-Kayrawan ; Hussein y est exécuté. 1741. Un nouveau conflit maritime s'engage avec la France au sujet des activités de la Compagnie d'Afrique en Méditerranée. 1752. La révolte de son fils Yunus pour s'emparer du pouvoir est un échec. 1756. Son cousin Muhammad, fils de Hussein, s'agite à son tour : il prend Tunis avec l'aide des Algériens. Mal défendue par les soldats indigènes qu'Ali a recrutés à la place des janissaires turcs, la capitale est mise sac ; Ali Pacha est exécuté. |
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Muhammad al-Rashid
(1710-1759) cousin du précédent et fils de Hussein. |
1756-1759
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Sous ce court règne sans beaucoup
d'envergure, le bey marque sa reconnaisance à la cité d'Al-Kayrawan pour
avoir recueilli son père : il lui accorde des exemptions d'impôts et fait
élever une enceinte.
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Ali Bey
(1712-1782) frère du précédent. |
1759-1782
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Sous le règne d'Ali Bey, il est décidé
de réengager la politique traditionnelle de recrutement de militaires dans
l'empire turc ottoman.
En dépit de son seul statut de gouverneur de la province de Tunisie accordé par les sultans ottomans, le bey dispose, en fait, d'une autonomie proche de l'indépendance, dans les affaires intérieures comme dans la conduite des relations diplomatiques étrangères de la Tunisie. 1768. Établissement d'un comptoir français à Bizerte. 1769-1770. Un différend naît avec la France au sujet de l'annexion de la Corse et du monopole de la pêche du corail. Une fois réglé, un consul de France est établi à Tunis. |
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Hamuda Pacha
(1759-1814) fils du précédent. |
1782-1814
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1784-1792. De violents conflits éclatent avec
Venise : la ville procède alors au bombardement des repères de corsaires de
Sousse et de La Goulette.
1807-1813. Les Algériens envahissent par deux fois le territoire tunisien. 1811. À la suite d'une des plus violentes de ses révoltes, le corps des janissaires est dissous. Sous ce règne, de nombreuses fortifications sont édifiées (comme à Al-Kaf) ainsi que le palais de la Mannuba. 1814. Son frère Uthman Bey (1763-1814) règne pendant trois mois, puis est assassiné à l'occasion d'une révolution de palais. |
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Mahmud Bey
(1757-1824) fils de Muhammad. |
1814-1824
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Pour faire face à la menace
algérienne, le recrutement des janissaires est réouvert.
1819. Sous la pression des puissances européennes, la Tunisie doit abolir la course. Elle perd ainsi une source essentielle de ses revenus : les paiements de tributs, la revente des prises et des esclaves. 1821. La paix est conclue avec l'odjak d'Alger et un rapprochement diplomatique est engagé pour résister aux puissances adverses. |
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Husayn Bey
(1784-1835) fils du précédent. |
1824-1835
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1827. Apportant son aide militaire à l'empire ottoman,
la Tunisie voit sa flotte entièrement détruite à Navarin, au cours de la
guerre d'indépendance grecque.
1830. Les Français sont installés en Algérie et constituent une menace supplémentaire pour l'intégrité du territoire tunisien. 1832-1835. À la suite d'incidents survenus en Tripolitaine, le gouvernement turc rappelle au bey qu'il s'agit aussi d'une province ottomane et lui interdit d'y intervenir militairement. |
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Mustafa Bey
(1786-1837) frère du précédent. |
1835-1837
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1835. Reconquête de Tripoli par les Turcs.
Les tensions avec Constantinople sont de plus en plus fortes, la Tunisie s'apercevant qu'elle ne pourrait résister à une éventuelle intervention ottomane sur son territoire. |
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Ahmed Bey
(1806-1855) fils du précédent. |
1837-1855
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Sous ce règne, le sultan ottoman, avec
l'appui de la Grande-Bretagne, veut faire rentrer la Tunisie dans une stricte
obéissance. Le bey, quant à lui, essaie de maintenir son autonomie avec
l'aide de la France.
L'armée tunisienne est modernisée grâce à la collaboration d'officiers instructeurs français. 1837. Mustafa Khaznadar occupe le poste le plus élevé du gouvernement tunisien, qu'il conserve jusqu'en 1873. 1840-1842. Des révoltes éclatent à Tunis et à La Goulette contre les impôts nouveaux instaurés par le bey pour financer ses emprunts en Europe et ses constructions prestigieuses. 1843-1845. Les Français installent à Tunis une mission d'assistance et d'enseignement sous la direction de l'abbé Bourgade à l'église Saint-Louis de Carthage, avec la protection du bey. 1846. Le bey obtient de Constantinople de ne plus fournir de tribut au sultan ottoman, mais doit cependant se soumettre à la procédure traditionnelle d'investiture. La même année, l'esclavage est aboli en Tunisie, et le statut discriminatoire des Juifs est supprimé. 1854-1855. Le bey envoie un corps expéditionnaire en Turquie pour seconder l'empire ottoman lors de la guerre de Crimée. Il est décimé par les épidémies. |
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Muhammad Bey
(1810-1859) fils de Hussein Bey. |
1855-1859
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Sous ce règne, sont engagées plusieurs
réformes déterminantes, sous l'influence de l'entourage de Mustafa Khaznadar.
Un nouvel impôt de capitation est établi, la « madjba », et le système fiscal est simplifié. 1857. Promulgation du Pacte Fondamental, inspiré par la charte ottomane de 1839 : il affirme l'égalité, la liberté de conscience et de commerce pour tous les Tunisiens et facilite l'ouverture du territoire aux étrangers désirant s'y installer. Cette même année, l'aqueduc de Tunis est rétabli et permet l'alimentation en eau potable de la ville. |
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Muhammad al-Sadik
(1813-1882) frère du précédent. |
1859-1882
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L'effort réformateur de son
prédécesseur est poursuivi et amplifié. L'administration est réorganisée sur
le modèle occidental.
1861. La Constitution de Tunisie est promulguée ; elle instaure une monarchie héréditaire dirigée par le bey, assisté d'un Conseil législatif de soixante membres. Un ensemble normalisé de tribunaux réguliers est instauré. 1863. L'état désastreux des finances publiques, dû en partie aux dépenses somptuaires des beys et aux malversations du ministre Khaznadar, oblige à contracter un emprunt d'État auprès des banques européennes. 1864. Les impôts sont doublés pour rembourser l'emprunt. Des révoltes fiscales éclatent et sont sévèrement réprimées. 1865. Un nouvel emprunt public est contracté. 1867. Une épidémie de choléra et de typhus ravage le pays. 1869. La Tunisie est contrainte d'accepter l'intervention d'un commission d'enquête internationale ; celle-ci met en lumière l'action néfaste du ministre Khaznadar, contraint à la démission en 1873. 1873. la politique du nouveau ministre Khayr al-Din vise à restaurer l'état des finances, de la justice et de l'enseignement. Un rapprochement avec la Turquie ottomane est engagé, en dépit de la résistance de l'Italie et de la France. 1878. Au Congrès International de Berlin, les grandes puissances étrangères laissent à la France les mains libres sur la Tunisie, dans l'optique du dépeçage de l'empire ottoman. 1881. Sous le prétexte fallacieux d'une incursion de tribus Khroumirs en Algérie, la France lance une expédition militaire contre la Tunisie sous la direction du général Bréard. Cette intervention marque la fin de la suzeraineté ottomane sur la Tunisie. Par le traité du Bardo (Kassar Said), Muhammad al-Sadik abandonne à la France sa souveraineté extérieure et accepte la présence d'un ministre résident français. |
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Ali Bey
(1817-1902) frère du précédent. |
1882-1902
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1883. Par la convention de la Marsa, un régime de
protectorat est instauré pour la Tunisie. Celle-ci est désormais représentée
par la France. Le Résident général préside le Conseil des Ministres, les
services administratifs français se développent et l'absolutisme du bey n'est
plus qu'une fiction juridique et honorifique.
1896. De nombreux privilèges, en particulier fiscaux, sont établis pour la communauté italienne de Tunisie, forte de près de 80 000 personnes. |
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Muhammad al-Hadi Bey
(1855-1906) fils du précédent. |
1902-1906
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La présence française en Tunisie
permet de mettre en valeur le pays par la construction de ports et de voies
ferrées. C'est ainsi au profit des colons, des commerçants et industriels de
la métropole, que se développent l'agriculture (telle la production de
céréales) et les activités extractives (essentiellement phosphates et fer).
1903. Naissance de Habib Bourguiba à Monastir. |
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Muhammad al-Nasir
« Naceur » (1855-1922) fils de Muhammad Bey. |
1906-1922
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1907. Une section tunisienne, composée de notables
locaux désignés par la France, est adjointe à l'Assemblée Consultative de
Tunis. La même année, est créé le Parti Révolutionnaire Tunisien d'Ali Bach
Hamba.
1911. Dans le cadre du conflit italo-turc, des émeutes éclatent à Tunis. Les premiers mots d'ordre à caractère nationaliste et religieux sont lancés. Ces troubles sont aussitôt réprimés. 1920. Création du Destour, parti libéral constitutionnel. Le bey appuie très vite ses revendications pour donner aux Tunisiens une part plus grande dans la vie politique nationale. |
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Muhammad al-Habib
(1858-1929) petit-fils de Husayn Bey par un de ses fils non régnant. |
1922-1929
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1922. Le mouvement nationaliste tunisien se divise face
aux propositions de réforme du résident Lucien Saint (en particulier sur le
projet d'un Grand Conseil législatif).
1924. Création du syndicat de la Confédération Générale des Travailleurs Tunisiens (CGTT). |
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Ahmad Bey
(1862-1942) fils d'Ali Bey. |
1929-1942
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1930. Le Congrès Eucharistique organisé à Carthage
provoque de nombreuses protestations et des manifestations dans la population
musulmane. La France est accusée de prosélytisme par les journaux locaux.
1934. Le parti nationaliste se scinde en deux ; le mouvement du Néo-Destour, dirigé par Habib Bourguiba préconise d'insuffler une nouvelle impulsion à la participation des populations locales face au marasme des affaires et à la montée du chômage. Son dirigeant est arrêté cette même année. 1936. Libération de Habib Bourguiba. 1938. Le Néo-Destour est officiellement dissous, ses cadres et dirigeants arrêtés. Des émeutes éclatent à Tunis et l'Italie exprime de nouvelles revendications sur la Tunisie. |
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Munsif Bey
« Moncef » (?-1948) fils de Muhammad al-Nasir. |
1942-1943
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Souverain énergique, Munsif Bey
redonne du prestige à sa fonction en se portant à la tête du mouvement
nationaliste, alors privé de ses chefs traditionnels. Il présente sa dynastie
comme le garant de la souveraineté nationale avec l'appui de la population.
1942. En réponse au débarquement allié anglo-américain, la Tunisie est occupée par les forces allemandes de l'Africakorps. 1943. Le front germano-italien est percé ; les forces de l'Axe sont acculées à la capitulation. Munsif Bey est contraint d'abdiquer par les Alliés. De nombreux nationalistes de son entourage, compromis avec l'Allemagne, s'enfuient ou sont arrêtés. 1948. Munsif Bey meurt en exil à Pau. |
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Al Amin Bey « Lamine »
(1881-1962) fils de Muhammad al-Habib ; dernier bey de Tunis. |
1943-1957
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1945. Le Grand Conseil est réorganisé avec une section
française et une section tunisienne. Les premières élections sont
majoritairement boycottées par les Tunisiens.
1947. Le Conseil des Ministres est réorganisé. De nombreux postes sont confiés aux Tunisiens par le résident Jean Mons. 1949. Habib Bourguiba rentre en Tunisie ; sa popularité est croissante. Le bey quant à lui, choisi par les occidentaux pour ses positions modérément nationalistes, reste en retrait de la scène politique. 1952. L'action du Néo-Destour s'amplifie. Des troubles éclatent dans les principales villes ; le leader syndical Ferhat Hached est assassiné. Bourguiba est à nouveau arrêté. 1954. Sous l'impulsion de Pierre Mendès-France, la France accorde à la Tunisie l'autonomie interne. 1955. Signature de l'accord entre la France et la Tunisie. 1956. L'indépendance est déclarée : les privilèges de la famille beylicale sont supprimés et le pouvoir est confié au Premier Ministre. 1957. L'Assemblée Constituante proclame la déchéance de la dynastie husseinite et l'établissement d'un régime républicain. Habib Bourguiba en est le président. Après une période de résidence surveillée, al-Amin Bey est laissé libre et meurt en 1962. |
dimanche 27 décembre 2009
Maison des Husseinites
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