publicité
|
1
|
PRÉSENTATION
|
publicité, terme désignant des
annonces destinées à promouvoir la vente de biens ou de services.
Cherchant à exercer une
action psychologique à des fins commerciales, la publicité a pour ambition de
faire connaître un produit au public, mais aussi d'inciter ce dernier à
l'acquérir. Elle se distingue d'autres méthodes de persuasion, telles que la
propagande, les relations publiques ou la communication.
|
2
|
HISTORIQUE
|
|
2.1
|
Premiers pas
|
Les origines de la publicité
sont très anciennes. L'une des premières méthodes connues est l'affichage
extérieur, généralement une simple enseigne peinte ou gravée sur un bâtiment,
qui attire le regard du passant. Les archéologues ont ainsi découvert de
nombreuses enseignes, notamment à Pompéi (en Italie).
Au Moyen Âge, la publicité
recourt aux crieurs publics, payés par des commerçants pour lire des avis
vantant les mérites de leurs marchandises. La marque, dessin ou imprimé
symbolisant les produits, fait son apparition à la fin du xvie siècle, quand les
marchands placent des panonceaux distinctifs à l'extérieur de leurs boutiques.
Parmi ces marques figurent le cylindre à rayures du barbier et l'enseigne aux
trois boules du prêteur sur gages.
|
2.2
|
Avènement de la publicité moderne
|
C'est aux États-Unis que
naît la publicité moderne : l'immensité du territoire engendre la
publicité directe à travers la distribution et l'envoi de catalogues. Les
premiers à adopter cette méthode sont les céréaliers et les éditeurs de livres,
ainsi que les sociétés généralistes de vente par correspondance (VPC), qui
voient le jour aux États-Unis dès les années 1870.
Mucha, le Papier à cigarettes Job
La chevelure de la jeune femme, évoquée
par une ligne sinueuse, offre un bel exemple de l'esthétique Art nouveau qui
inspira le dessin des affiches d'Alfons Mucha. La stylisation du trait et la
grâce insufflée à la figure féminine renforcent le charme de l'ensemble.Alfons
Mucha, le Papier à cigarettes Job, 1897. Affiche publicitaire. Bibliothèque de
Philadelphie (États-Unis).
© 2008 Artists Rights Society (ARS), New
York / ADAGP, Paris. Photo: Scala/Art Resource, NY
À partir de la fin du
xixe siècle, la
publicité fait son apparition dans de nouveaux secteurs. Les fabricants de
produits médicaux et pharmaceutiques (dont Coca-Cola), les compagnies de
chemins de fer, par exemple, commencent à l'utiliser dans des journaux à grand
tirage. C'est à cette époque que les industriels (dont les fabricants de savon)
se lancent dans la commercialisation de produits à emballages personnalisés.
Cette évolution ouvre une nouvelle ère de l'histoire de la publicité avec les
techniques de packaging (mise en valeur d'un produit par son emballage).
Auparavant, les produits de consommation courants tels que le sucre ou le
beurre étaient vendus dans des barils ou des sacs, de sorte que les
consommateurs attachaient de la valeur au produit, à son prix, mais pas à la marque.
|
2.3
|
Progrès technique et premières agences
de publicité
|
L’entreprise Olivetti a joué un rôle
majeur dans l’histoire du design industriel. De nombreux architectes et
designer ont mis leur inventivité et leur créativité au service du groupe
italien et pléthore d’objets de la marque. Les machines à écrire sont notamment
aujourd’hui exposées dans les principaux musées du monde. Olivetti a
commercialisé sa première machine à écrire en 1911 et c’est cet objet qui a
fait son succès pendant des décennies, jusqu’à être détrôné par l’ordinateur.
Cette machine à écrire portative a été dessinée par le designer Aldo Magnelli
au début des années 1930. Affiche publicitaire photographiée par Xanti
Schawinsky, 1935.
Olivetti S.p.A.
Après la Première Guerre
mondiale, l'essor de la publicité est stimulé par les innovations techniques,
notamment l'électricité, qui permet l'apparition d'affiches extérieures
illuminées, et la photogravure, qui est utilisée par la presse. Enfin,
l'arrivée de la radio dans les années 1920 fait naître une nouvelle forme
de publicité à travers les messages audio qui, à partir de 1929, sont
introduits en France par Marcel Bleustein-Blanchet, fondateur de l'agence
Publicis et propriétaire du Poste parisien.
Publicité pour le tabac
Après la Seconde Guerre
mondiale, la nouveauté essentielle est la télévision, qui incite le monde de la
publicité à perfectionner ses techniques de vente en utilisant toutes les
possibilités de ce nouveau support, devenu peu à peu le média publicitaire le
plus important en raison de son impact sur un très large public.
À partir des années 1960
et 1970, la publicité, présente sous de très nombreux supports (télévision,
radio, presse, affichage, cinéma, publicité sur le lieu de vente), devient un
facteur déterminant dans la stratégie des entreprises, alors que la société de
consommation est en phase d'expansion.
|
2.4
|
Une nouvelle ère
|
Publicités à Bangkok
La publicité moderne est née aux
États-Unis dans la deuxième moitié du xix e siècle. Elle est notamment
utilisée dès cette époque par la marque Coca-Cola, dont le graphisme est
désormais connu et reconnaissable dans le monde entier. Sur cette photographie,
on peut voir que Coca-Cola, et son principal concurrent, Pepsi, se partagent
l’espace publicitaire dans cette rue commerçante de la capitale thaïlandaise.
Avec l'aimable autorisation de Silvia
Mattioli
Dans les années 1990,
l'apparition des télécommandes de télévision (permettant le zapping)
fait des téléspectateurs des consommateurs plus éduqués. Conscients des menaces
que ces nouveaux instruments représentent pour leur activité, les annonceurs
expérimentent de nouvelles formes de publicité : le parrainage (sponsoring)
afin d'être associé à une émission ou à un événement (les jeux Olympiques par
exemple) ; la communication autour de la vie des entreprises ; les
infomercials (ou « publicités d’information »), sorte de court
métrage publicitaire qui permet d'argumenter de manière détaillée sur un
produit.
La publicité séduit les stars
Le mannequin américain Cindy Crawford
fait partie de ces nombreuses personnalités célèbres qui acceptent d’attacher
leur nom et leur image à une marque, à un produit (ici les montres Omega).
Cette pratique est de plus en plus fréquente. En effet, il s’agit d’un
partenariat florissant à la fois pour les célébrités, qui vendent leur image,
et pour les fabricants, qui parviennent ainsi à améliorer l’image de leur
marque et à augmenter leurs ventes.
Gary Morrison
Depuis la fin du xxe siècle, l'expansion
de l'Internet et des réseaux de communication internationaux crée de nouvelles
perspectives pour la publicité. Grâce aux bandeaux interactifs disposés sur les
serveurs d'Internet, le consommateur peut se retrouver directement sur le site
de son annonceur, se renseigner et commander des produits.
|
3
|
MÉTHODES ET OUTILS
|
|
3.1
|
Adaptation aux destinataires, ou
« cibles »
|
Une première distinction peut
être faite entre la publicité au consommateur, destinée à l'acheteur final, et
la publicité aux revendeurs, destinée aux professionnels d'un secteur.
La publicité institutionnelle
vise à établir et à renforcer l'image de marque de certaines entreprises ou de
produits auprès du grand public : les campagnes de promotion de produits
génériques, payées par des syndicats professionnels, en font partie, tout comme
les spots télévisés de sociétés qui n'ont rien à vendre auprès du grand public,
mais qui cherchent seulement à informer les téléspectateurs de leurs activités.
La publicité groupée permet
de partager les frais de publicité dans les médias entre différents fabricants.
Des annonceurs partagent ainsi le même espace publicitaire dans des magazines,
ce qui permet des retombées en termes d'image.
La publicité destinée aux
revendeurs, si elle vise également à accroître la diffusion du produit,
s'attache davantage à informer en présentant les caractéristiques du produit,
tout en présentant un argumentaire à destination du client potentiel.
|
3.2
|
Publicité média et publicité hors média
|
Une autre grande distinction
peut être faite entre la publicité « média » et la publicité
« hors média ». La publicité média est présente sur l'ensemble des
supports de presse (presse écrite, radio et audiovisuelle), tandis que le hors
média concerne toutes les autres formes de publicité (marketing direct,
promotion, publicité événementielle, relations publiques, annuaires).
Les investissements publicitaires
dans les médias concernent aujourd'hui la presse, la télévision, l'affichage,
la radio et le cinéma ; la part de la télévision dans le marché
publicitaire est en constante progression.
Malgré l'importance prise par la
télévision dans la diffusion de la publicité, le hors média, ou publicité
directe, reste dans les pays industrialisés une forme privilégiée de
communication. La publicité directe comprend toutes les formes d'incitations
commerciales, présentées directement à l'acheteur potentiel d'un produit ou
d'un service, sans l'intermédiaire d'un support tel que la presse ou la
télévision. C'est une publicité souvent plus agressive, qui vante généralement
la qualité et le prix des produits sans recourir aux stratégies d'image
caractéristiques des médias. La publicité directe est divisée en quatre grands
secteurs : le marketing direct (publipostage de mailings, vente par
correspondance), la promotion (publicité sur le lieu de vente), la publicité
événementielle (partenariat et sponsoring) et les opérations de relations
publiques. La fonction essentielle de la publicité par la poste (mailings) est
de familiariser les acheteurs potentiels avec un produit, ainsi qu'avec ses
distributeurs locaux. Elle permet également d'entretenir les ventes des
détaillants en fidélisant les anciens clients et en en attirant de nouveaux.
Quand il est impossible de convaincre le consommateur par la vente directe, on
recourt à d'autres méthodes pour l'inciter à consommer. Des procédés
particuliers tels que les catalogues de VPC (vente par correspondance) sont
utilisés. Une autre forme de publicité utilise l'objet (porte-clés, agendas,
etc.). Enfin, on peut citer la publicité événementielle et les relations
publiques qui servent à entretenir l'image de marque des sociétés.
Dans la lutte que se livrent
aujourd'hui les marques dans un marché toujours plus concurrentiel,
l'innovation publicitaire est indispensable pour améliorer les résultats de
vente. C'est ainsi que les méthodes d'impression et de reproduction graphiques
ont été grandement améliorées et adaptées aux supports de presse tout comme à
la publicité directe. Les enseignes éclairées et tournantes, la qualité des
films publicitaires ou encore le développement récent des procédés de montage
numérique sont autant d'innovations qui ne cessent de faire évoluer le monde de
la publicité.
|
3.3
|
Recherche et mesure de l'audience
publicitaire
|
À l'époque des débuts de la
publicité, on ne mesurait que très approximativement l'efficacité des
différentes techniques publicitaires, les annonceurs ne pouvant se fonder que
sur les chiffres de tirage des journaux. Le même problème s’est posé plus tard
pour la publicité télévisée et radiodiffusée, dont il n'existait pas une mesure
précise de l'audience. Depuis, des organismes indépendants se sont créés et
sont aujourd'hui considérés comme les indicateurs de référence. Ils emploient
des statisticiens qui déterminent les caractéristiques des spectateurs de
chaque émission de télévision et des auditeurs de radio ainsi que celles du
lectorat des différents titres de la presse écrite, afin de proposer des
mesures de l'audience, en termes quantitatifs et qualitatifs. Il est ainsi
possible de savoir précisément combien de personnes sont touchées par un
message publicitaire, mais aussi quel genre de personnes et à quel endroit.
|
3.3.1
|
Presse écrite
|
Dans la presse écrite
française, les « baromètres » des investissements publicitaires sont
l'Office de justification de la diffusion (OJD) et le Centre d'études des
supports publicitaires (CESP) . L'OJD fournit annuellement les chiffres de
diffusion de l'ensemble des publications, détaillant le pourcentage d'abonnés
et de ventes au numéro, la croissance ou la baisse des ventes de ces journaux.
Cependant, les annonceurs ont également besoin d'études plus détaillées
permettant de connaître en profondeur les lecteurs types de chaque publication.
Le CESP fournit ainsi aux publicitaires des renseignements sur les
caractéristiques socioprofessionnelles du lectorat de chaque journal. En
fonction de ces variables, les publicitaires calculent le « coût au
mille » pour chaque journal (le montant de l'investissement nécessaire
pour toucher mille consommateurs potentiels) et choisissent les publications se
rapprochant le plus du « cœur de cible » de leurs produits. La
« qualité » du lectorat d'un journal est le plus souvent
proportionnelle à son pouvoir d'achat : plus le lectorat d'un journal sera
aisé, plus le prix de la page de publicité sera élevé.
|
3.3.2
|
Audiovisuel
|
Les radios et les télévisions
analysent également leur audience pour les annonceurs. Ils passent ainsi par
plusieurs organismes d'audiométrie pour déterminer combien d'auditeurs ou de
téléspectateurs regardent telle émission diffusée sur l'ensemble du réseau (ou
à un niveau régional), à un moment donné, la part de marché de l'émission
rapportée aux émissions concurrentes (50 p. 100 des téléspectateurs
branchés sur leur téléviseur à un instant t regardaient le
programme de telle chaîne, etc.) et même la variation de l'audience en cours
d'émission.
En France, c'est une société
indépendante, Médiamétrie, qui calcule l'audience des émissions de radio et de
télévision. Pour la télévision, elle dispose de deux instruments afin de
déterminer l'audience des chaînes et celle de chaque émission. Le premier est
une boîte noire (le médiamat) placée sur le téléviseur d'un échantillon
représentatif de la population française (environ mille foyers), qui enregistre
en permanence l'activité du poste. Le second instrument de mesure est la
pratique d'enquêtes téléphoniques en cours d'émissions et après leur diffusion.
Ces méthodes fournissent ainsi un taux d'audience pour chaque émission, qui
sert à déterminer le prix de chaque écran de publicité. Pour les chaînes
commerciales qui dépendent exclusivement des revenus de la publicité, un bon
score, particulièrement entre 19 heures et 22 heures, où l'on
enregistre la plus forte audience télévisuelle, détermine leur situation
économique et financière.
|
3.3.3
|
Autres médias
|
De la même façon, mais
dans des proportions moindres, les sociétés d'affichage publicitaire ont mis en
place des organismes pour quantifier le nombre de personnes touchées par leurs
affiches. Le développement d'Internet a également amené les professionnels du
secteur à proposer une mesure de l'audience et des comportements des
consommateurs sur le réseau en ligne.
La publicité dépendant par
nature de variables psychologiques difficiles à cerner, le domaine des études
d'opinion est complexe et soulève de nombreuses controverses. Les chercheurs en
sociologie, sémiologie et autres disciplines des sciences humaines, dont les
travaux sont utilisés par les publicitaires, ont ainsi affiné leurs techniques
afin de cerner au mieux les attentes des consommateurs. L'étude des motivations
se concentre notamment sur les impulsions inconscientes qui déterminent le
mécanisme d'achat.
|
3.3.4
|
Études sociologiques et enquêtes
marketing
|
À côté des études classiques,
on a vu apparaître à partir des années 1980 des études très poussées sur les
modes de vie des consommateurs des pays industrialisés. Les
« sociostyles » ont par exemple permis de classer les consommateurs
selon leurs styles de vie.
Un autre type de recherche,
plus concret, consiste à étudier la viabilité économique des produits sur des
marchés-tests. Les industriels et les agences réalisent fréquemment
d'importantes enquêtes pour mieux connaître l'accueil qui serait réservé à des
produits en projet. Le service marketing d'une société peut par exemple envoyer
des enquêteurs faire du démarchage dans différents quartiers. Les habitants se
voient présenter plusieurs modèles d'un même produit en phase de prélancement
sur le marché. Si les résultats de l'étude convainquent de l'opportunité de
commercialiser le produit, les enquêteurs testent alors plusieurs slogans. On
fabrique ensuite une quantité limitée du produit en question et on l'introduit
sur un marché-test. À partir des résultats de toutes ces opérations, on peut
décider de lancer une campagne nationale ou non. Les réunions de consommateurs,
les tests de produits à l'aveugle, les séances d'entretiens filmés sont autant
de méthodes alternatives pour étudier la réceptivité du public à un produit.
|
3.3.5
|
Techniques de persuasion
|
La famille des théories
économiques s'appuie sur la figure du consommateur rationnel, qui considère la
publicité comme une source d'information. La publicité va chercher à emporter
sa conviction avec des arguments tenant aux qualités du produit : c'est
une publicité persuasive et informative, que l'on retrouve par exemple dans le
secteur de l'informatique, de la téléphonie et généralement dans toutes les
industries d'équipement professionnel.
La famille des théories
comportementales s'appuie sur la figure du consommateur conditionné. Ici, le
consommateur est considéré comme passif, répondant par des réflexes à des
stimulations diverses. Les arguments de vente, répétés à la fois à la
télévision, à la radio, dans la presse, tentent de créer un conditionnement du
consommateur. Ce type de publicité est utilisé par exemple par les industries
agroalimentaires et par certains grands magasins ou supermarchés
« discount ».
La famille des théories
psychologiques s'appuie sur la figure du « moi-consommateur ». Selon
cette approche, le consommateur est mû par des forces inconscientes qui
expliquent son comportement. Au lieu de s'adresser à l'aspect rationnel de
l'individu, la publicité cherche donc à jouer sur les sentiments et les
pulsions du consommateur. C'est une publicité suggestive, souvent très
esthétique et très créatrice.
La famille des théories
sociales s'appuie sur la figure du consommateur conforme. Pour ces théories,
l'individu fait partie de plusieurs groupes sociaux qui imposent un modèle de
vie en société. Imitation, statut, style de vie sont autant de concepts qui
expriment les normes de la société. Dans ce dernier cas, la publicité va
chercher à donner à la marque et au produit les signes d'un groupe valorisant.
Cependant, aucune de ces
approches n'est entièrement satisfaisante pour les publicitaires, et les
campagnes panachent le plus souvent des arguments de vente inspirés de ces
quatre grandes familles de consommateurs. Le consommateur, à la fois rationnel,
mécanique, hédoniste et normatif, n'est finalement que la réunion d'impulsions
contradictoires qui l'agitent. Mais telle ou telle approche conviendra mieux à
tel ou tel produit, en fonction de ses caractéristiques et de sa cible.
Un autre argument pour
convaincre le consommateur d'acheter un produit est la marque. C'est la raison
pour laquelle les publicitaires attachent aujourd'hui autant d'importance à la
notion d'image de marque dans leurs campagnes. La communication d'entreprise
vise, mais avec d'autres méthodes, le même objectif : entretenir le nom
d'une marque et sa notoriété auprès du grand public.
Enfin, l'incitation par les prix
reste probablement la méthode qui motive le plus de décisions d'achat. Les
concours et le paiement à crédit gratuit sont également des arguments appréciés
par les consommateurs et sont très utilisés dans le secteur de la promotion
publicitaire.
|
4
|
STRUCTURE ET MÉTIERS DU SECTEUR DE LA
PUBLICITÉ
|
|
4.1
|
Courtiers
|
La publicité à gros budget
est un phénomène relativement récent. Le développement du commerce qui fait
naître la publicité à grande échelle n'apparaît réellement qu'à la fin du xixe siècle. À cette
époque, les annonceurs n’ont guère besoin d'agents. Mais les éditeurs de
magazines commencent assez vite à éprouver des difficultés pour vendre des
espaces publicitaires directement à des annonceurs, de sorte qu'ils
commissionnent des courtiers pour en proposer. Les agences de publicité
actuelles continuent d'agir comme des courtiers puisqu'elles achètent des
espaces et du temps d'antenne pour le compte des annonceurs.
|
4.2
|
Services d’achat d’espaces publicitaires
|
Avec le développement de la
radio et de la télévision, et la croissance de la presse périodique et
professionnelle, l'achat d'espaces publicitaires est devenu un métier à part
entière. Les grandes agences ont créé d'importants services d'achat d'espace,
tandis que les plus petites sont devenues clientes de centrales indépendantes
spécialisées dans cette fonction. Ces sociétés, qui achètent de l'espace
publicitaire en très grosses quantités et à bas prix très longtemps à l'avance,
le revendent ensuite aux agences lorsque ces dernières en ont besoin. Celles-ci
passent également par des régies qui commercialisent les espaces publicitaires
d'un ou de plusieurs médias.
|
4.3
|
De la création à la gestion d’image
|

Panneau publicitaire à Kunming (Yunnan,
Chine)
Panneau publicitaire vantant une carte
téléphonique de China Telecom, à Kunming (province du Yunnan, Chine).
Marcel & Eva
Malherbe/The Image Works
Une agence passe la majorité
de son temps à planifier, créer et produire des publicités pour ses clients.
C'est la raison pour laquelle les agences modernes sont organisées en fonction
de leurs différents métiers : le créatif (concepteur-rédacteur pour la partie
écrite, graphiste pour la partie visuelle) imagine une campagne en s'appuyant
sur la copie-stratégie (document qui résume les grands axes d'une campagne)
sous le contrôle du directeur de la création ; le commercial s'occupe des
relations avec l'annonceur et essaie d'obtenir de nouveaux budgets ; le
médiaplanneur prévoit le déroulement d'une campagne en s'appuyant sur des
études statistiques afin de trouver le support qui conviendra le mieux à sa
cible ; le planneur stratégique fournit des études sur l'évolution de
l'image des produits dont l'agence a la charge, analysant en permanence les
réactions des consommateurs ; le gestionnaire (directeur financier)
s'occupe des comptes de l'agence et veille au non-dépassement des
budgets ; le patron d'agence coordonne ces différents métiers, veille aux
bonnes relations avec les annonceurs, et représente son agence à l'extérieur.
Il faut ajouter que les agences travaillent également avec des intervenants
extérieurs (psychologues, économistes, documentalistes, testeurs de produits,
consultants en études de marché et en analyses des comportements des
consommateurs), qui les aident à concevoir et à réaliser les campagnes.
Parallèlement, les interlocuteurs
des agences chez les annonceurs suivent l'élaboration des campagnes. Le chef de
produit contrôle l'évolution d'un produit précis. Avec le commercial de
l'agence, il définit la copie-stratégie qui sert aux créatifs à concevoir la
campagne de publicité. La relation entre un annonceur et une agence peut être
résumée ainsi : l'annonceur précise à l'agence quel produit ou service
doit être vendu et à quel prix. L'agence, en consultation avec l'annonceur,
imagine et exécute alors la publicité, fixe le budget, détermine les médias à
utiliser et programme les différentes étapes de la campagne. La commission
d'agence (rétribution sur l'ensemble du travail effectué) représente en moyenne
15 p. 100 du budget total d'une campagne de publicité.
La publicité devient également
une activité commerciale de plus en plus importante au niveau international, et
les grandes agences se structurent en réseaux. Elles suivent ainsi le mouvement
d'internationalisation des marques, à l'image des grandes agences françaises et
britanniques qui se sont implantées aux États-Unis depuis la fin des années
1980.
|
5
|
RÉPERCUSSIONS ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
|
L'importance économique de la
publicité peut être mesurée à l’aune des chiffres d’affaires réalisées par les
grandes entreprises du secteur : en France, Publicis Groupe
(3,83 milliards d’euros en 2004), Euro RSCG Worldwide (filiale de Havas,
1,15 milliard d’euros en 2003).
Aux États-Unis, les investissements
réalisés dans le secteur de la publicité ont atteint 370 dollars par an et
par habitant au milieu des années 1980. Ces dépenses, comme la nature de
certains messages publicitaires, suscitent des critiques. Les opposants à la
publicité estiment qu'elle augmente inutilement le coût des biens et services
qu'elle vante. Ses partisans font valoir qu'en incitant les consommateurs à
acheter la publicité permet aux fabricants de vendre à des prix plus bas. Pour
la plupart des économistes contemporains, la publicité joue un rôle essentiel
dans le développement des marchés.
|
6
|
RÉGLEMENTATION
|
Très tôt, les pratiques
déloyales de certains annonceurs ont conduit à l'établissement de restrictions
juridiques. Les instances chargées de faire respecter la loi (comme le Bureau
de vérification de la publicité, BVP en France) imposent des contraintes supplémentaires
sur certains types de publicité (publicités comparatives, etc.),
particulièrement celles qui risquent d'engendrer des litiges. Ces
réglementations diffèrent d'un pays à un autre. En France, par exemple, la
publicité pour l'alcool et le tabac, réglementée par la loi Veil (1976), a été
interdite par la loi Évin (1991), et la loi Sapin (1993) a imposé une plus
grande transparence tarifaire aux agences. En liaison avec ces limitations, le
secteur de la publicité s'impose lui-même des règles déontologiques. Des codes
d'éthique visent par exemple à empêcher les publicités tendancieuses ou le
dénigrement déloyal des produits concurrents.
Les éditeurs et les médias
audiovisuels sont tenus d'appliquer des règles strictes de présentation afin
d'éviter des condamnations pour publicité déguisée et de préserver l'esthétique
et la lisibilité de leurs publications et de leur antenne. En France, le
secteur de la publicité est extrêmement codifié et, dans le cadre de sa mission
de régulation, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) exerce son contrôle
sur les chaînes de télévision et de radio.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire