Dior, Christian
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PRÉSENTATION
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Christian Dior
Dior, Christian (1905-1957), couturier
français, créateur du style « new-look ». Ce style, qui renoue avec
les fastes d’une époque défunte (le second Empire), se veut une exaltation de
la féminité contre le mouvement de simplification qui s’est emparé de la couture
depuis Paul Poiret.
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JEUNESSE ET DÉBUTS
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Élevé à Paris, Christian
Dior, malgré d’évidentes capacités artistiques, suit les cours de l’École libre
des sciences politiques pour répondre aux souhaits de ses parents, qui le
destinent à une carrière diplomatique. Après son service militaire, il ouvre
une galerie d’art, où il expose surtout les œuvres de ses amis, Christian
Bérard, Raoul Dufy ou Giorgio De Chirico, tout en fréquentant l’entourage
de Jean Cocteau.
La ruine de son père,
consécutive à la crise de 1929, l’incite, pour vivre, à proposer des modèles de
chapeaux, notamment à Claude Saint-Cyr et à Agnès, ainsi que des dessins de
mode, qui paraissent dans le Figaro. Engagé en 1938 comme modéliste chez
Robert Piguet, il réalise quelques robes du soir d’un extrême lyrisme, qui
annoncent ses recherches futures. Mais, mobilisé en 1939, Christian Dior ne
regagnera Paris qu’en 1941, date à laquelle il est engagé chez Lucien Lelong,
maison dont il partage pendant plusieurs années la direction artistique avec
Pierre Balmain.
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LA RÉVOLUTION DU « NEW-LOOK »
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L'élégance selon Christian Dior
Robe de la collection de Christian Dior
en 1956.
Hulton-Deutsch Collection/Corbis
En 1946, Christian Dior,
sollicité pour devenir le modéliste de la maison Philippe et Gaston, propose à
son propriétaire, l’industriel Marcel Boussac, de financer plutôt la création
d’une nouvelle structure, où il serait en mesure de mettre ses idées en œuvre.
Nanti d’un budget de 60 millions de francs, Christian Dior, entouré d’une
équipe qui contribuera grandement à son succès (Jacques Rouët à la gestion,
Raymonde Zehnacker à la direction du studio de création, et Marguerite Carré,
formée chez Jean Patou, à la direction des ateliers), s’installe dans un hôtel
particulier, 30, avenue Montaigne.
La présentation de sa
première collection, le 12 février 1946, en présence de Rita Hayworth et
de personnalités du Tout-Paris comme la Bégum, Charles et Marie-Laure de
Noailles, Jean Cocteau, Francis Poulenc et Olga Mouliega, marque l’apparition
d’un nouveau style (ou « new-look », expression employée par la
rédactrice de mode du Harper’s Bazaar, Carmel Snow) en rupture visible
avec la mode des années quarante.
Se caractérisant par une
silhouette aux épaules carrées s’inspirant des uniformes, des jupes raccourcies
en raison du rationnement des textiles, des semelles compensées qui font les
chaussures épaisses, le « new-look », avec ses robes baptisées
« Tendresse », « Amour » ou « Bonheur », se veut
un manifeste d’optimisme, invitant à l’oubli des années de guerre.
Plus subtilement, il marque
aussi le retour d’un mode de séduction fondé sur la contrainte, avec la
célébration des galbes du corps féminin : le renforcement du volume des
hanches, la poitrine marquée par le balconnet, la réapparition du corset et de
la guêpière et l’emploi de la gaine (qui vient d’être inventée par Marcel
Rochas), les talons aiguilles et les larges capelines. Cette célébration se
double d’une contestation discrète de toute l’évolution qui avait tendu sans
cesse à allonger la silhouette féminine et à proscrire le superflu dans la
toilette. Le « new-look » marque le retour en force d’une tendance
artificielle et théâtrale, soulignée par l’emploi de tissus lourds, ornés de
somptueuses broderies de Bégué ou Rébé, qui coïncide avec une période de
prospérité et de dynamisme, éprise de plaisirs.
Cette première collection, riche
de quatre-vingt-dix modèles, parmi lesquels « Diorama », robe de
lainage dont la jupe fait 14 m de tour, et « Chérie », qui a
nécessité l’emploi de 80 m de faille blanche, vaut à son créateur une
célébrité immédiate. Son succès est couronné par la remise en 1948 du Neiman
Marcus Award, à New York. Désormais, Christian Dior proposera deux
collections par an.
Il s’oriente ensuite vers
un allongement de la silhouette avec la « Ligne verticale », proposée
en 1950, puis la « Ligne H », qui déconcerte par sa coupe
décintrée, suivie en 1955 par la tentative de remettre les robes-sacs à
l’honneur. La dernière collection, la « Ligne fuseau », proposant des
modèles de robes-fourreaux qui ne marquent plus la taille, permet de mesurer
l’évolution du couturier.
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UNE RÉUSSITE COMMERCIALE
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Conscient de la fragilité
du succès, Christian Dior se préoccupe très tôt de la diffusion de ses
créations et de son image. En 1947, une filiale parfum est créée, qui lance en
1948 Miss Dior et Diorissimo. Tandis qu’une maison de
prêt-à-porter de luxe est ouverte en
1948 à New York, sur la Cinquième Avenue, diverses maisons s’ouvrent en Australie et en Amérique du Sud.
Premier couturier à donner
son nom à une marque de bas (1949), Christian Dior est le pionnier du système
des licences (dans le domaine des accessoires, des cravates, de la lingerie et
du linge de maison).
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L’ÈRE DES SUCCESSEURS
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Après la mort de Christian
Dior, Yves Saint Laurent, son assistant, prend sa succession. La présentation
de sa première collection, marquée par la « Ligne Trapèze » (1958),
remporte un vif succès, mais le couturier décide de s’en aller pour fonder sa
propre maison en 1961. Marc Bohan lui succéde, bientôt remplacé en 1989 par
Gianfranco Ferré, assisté de Patrick Lavoix pour la ligne de prêt-à-porter
masculin, « Dior Monsieur ». En 1996, le Britannique John Galliano
prend en charge l’ensemble de la direction artistique, où il impose un style
inattendu et très audacieux, qu’il veut inscrire dans la lignée de
l’inspiration de Christian Dior. La société, aujourd’hui propriété du groupe
LVMH, réalise un chiffre d’affaires supérieur à 6 milliards de francs. Différents
parfums, comme Diorella (1972), Poison, Dune, Fahrenheit, ou Eau
sauvage, ont été lancés
Ecrit par xmoneylseul@gmail.com

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